Religion

    Notre-Dame de Lourdes dessinée sur le trottoir de Fargo au Dakota du Nord USA

    Une jeune artiste du diocèse de Fargo, au Dakota du Nord aux nord des États-Unis, a ravi son voisinage en dessinant la vierge de Lourdes sur le trottoir de la ville.

    Alors qu’une illustration à la craie de Hector Garrido, représentant Notre Dame de Lourdes était accrochée sur le frigo de sa grand-mère, elle a appris par les médias que le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes était fermé au public à cause du Corona virus. Cette nouvelle l’ayant profondément attristée, elle a entrepris de dessiner cette sublime illustration de la Vierge Marie. Son dessin provoqua un tel enthousiasme des passants, que le dessin de l’artiste a intéressé les médias catholiques des USA, qui ont partagé son œuvre d’art, lui faisant faire le tour du monde, sans bouger du trottoir.

    À 17 ans seulement, l’artiste Maria Loh rend un bel hommage à Notre-Dame de Lourdes, rappelant que même avec le Sanctuaire fermé, « Notre-Dame est toujours avec nous même si nous ne pouvons pas aller à lui rendre hommage à la Grotte de Lourdes. »

    Publiée par Diocese of Fargo sur Lundi 4 mai 2020
    15/05/2020 / par / dans
    Ouverture du Sanctuaire de Lourdes à partir de Samedi 16 mai

    Pour la première fois depuis plus d’un siècle comme l’avait indiqué sur Twitter le recteur du Sanctuaire Mgr Olivier Ribadeau Dumas, le Sanctuaire de Lourdes est resté fermé durant 2 mois sans pouvoir accueillir les fidèles. Le confinement ayant pris fin, la Grotte de Lourdes ouvrira ses portes dès le samedi 16 mai, et recevra de nouveau les pèlerins, mais sous quelques conditions.

    L’ouverture est programmé le samedi à 14 h, et les pèlerins seront soumis à un protocole lié à la crise sanitaire actuelle. Fermée depuis le 17 mars, mais visible en direct depuis de nombreuses vidéos diffusées sur internet, ce haut lieu de pèlerinage retrouvera sa vie d’antan, ou presque. Dorénavant et jusqu’à nouvel ordre, la Grotte et le sanctuaire ne seront ouverts que de 14h à 18h. De plus, la Grotte de Massabielle ne sera accessible que par groupe de 10 personnes, tout en respectant les distances de sécurité.

    2020 une année finie sans avoir commencé

    Cependant, malgré cette ouverture, la ville de Lourdes ne s’attend pas à recevoir tout de suite les millions de pèlerins qu’elle a l’habitude de recevoir. Les limites de 100km de déplacement liés aux déconfinement et la fermeture des frontières laissent penser que la saison estivale sera la pire que Lourdes n’ait jamais connu. Le Sanctuaire table sur une perte de 8 millions d’euros en 2020 à cause du COVID19 et des restrictions qu’il a engendré.

    Lourdes
    • Grotte de Lourdes La Grotte de Lourdes, appelée aussi la Grotte de Massabielle, est le lieu emblématique et incontournable de la ville de Lourdes. En bordure du Gave de Pau, cette cavité rocheuse de 9 m 20 de profondeur, est le lieu où est apparue la Vierge Marie à la jeune Bernadette alors qu’elle n’avait que 14 ans en 1858. Au fond à gauche de la Grotte, se trouve la source découverte par Bernadette sur instruction de la Vierge Marie. Aujourd’hui, cette eau rejoint par des canalisation les fontaines et robinets bordant la Grotte de Lourdes. Jusqu’à 6 millions de personnes s’y rendent chaque année.   https://www.google.com/maps/search/1 route de la Foret, 65100, Lourdes, France
      1 route de la Foret, 65100, Lourdes, France France
      $$$ Lourdes https://lourdes.top/wp-content/uploads/2020/02/Grotte-de-Massabielle.jpg https://lourdes.top/wp-content/uploads/2020/02/Grotte-de-Massabielle.jpg
      La Grotte de Lourdes, appelée aussi la Grotte de Massabielle, est le lieu emblématique et incontournable de la ville de …
    • Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes Le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes comprend la grotte où est apparue la Vierge Marie à Bernadette, la basilique de l’Immaculée-Conception, la basilique du Rosaire, les abords du gave, une esplanade, la basilique Saint-Pie X, une prairie, un accueil pour les malades, les fontaines, les piscines, l’église Sainte-Bernadette, un chemin de croix monumental et nombre de bâtiments de service.     https://www.google.com/maps/search/Place L'Eglise, 65100, Lourdes, France
      Place L'Eglise, 65100, Lourdes, France France
      $$$ Lourdes https://lourdes.top/wp-content/uploads/2020/02/1221.jpg https://lourdes.top/wp-content/uploads/2020/02/1221.jpg
      Le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes comprend la grotte où est apparue la Vierge Marie à Bernadette, la basilique de l&rs…
    28/05/2020 / par / dans,
    L’histoire de Sainte Bernadette de Lourdes

    Les Soubirous : Une famille pauvre

    Dans la ville basse de Lourdes, les Soubirous subissent de plein fouet le choc économique, et en quelques années, perdent l’essentiel de leurs biens, mais aussi de leur dignité. Cette famille va alors connaître et cumuler toutes les pauvretés, notamment celle de chômeur et celle des sans-logis. Ils entrent de façon durable dans l’expérience de la misère et de la faim. Désormais ils sont déconsidérés, marginalisés, exclus. Cependant, la vie des Soubirous s’appuie sur deux solides piliers. En effet, ce qui les fait vivre, c’est l’amour conjugal et familial d’une part et, d’autre part, une foi simple, marquée par une confiance indéfectible en la Bonté de Dieu, nourrie par la prière de tous les jours.

    Bernadette, l’aînée de la famille

    C’est en 1844, le 7 janvier, que naît au Moulin de Boly à Lourdes, Bernadette, la fille aînée de François Soubirous et de Louise Castérot. Petite-fille et fille de meunier, par son père et par sa mère, elle connaît une vie tranquille jusqu’à l’âge de dix ans, rythmée par le travail, la vie familiale et une place normale des siens dans la société et la paroisse. Pourtant, en 1854, pour les Soubirous, tout s’écroule. La faillite les oblige à quitter le moulin familial. Commence alors une pérégrination dont le dénouement sera dramatique. En effet, après avoir été de moulin plus petit en moulin moins cher, puis de location provisoire en logement précaire, la famille Soubirous se trouve à la rue. Elle est alors logée gratuitement par un cousin, qui met à leur disposition une pièce de 5m x 4m appelée «le Cachot». Il s’agit d’une ancienne cellule désaffectée par la police en raison de son insalubrité. C’est là que les parents Soubirous et leurs quatre enfants doivent désormais vivre. Le père et la mère ont de plus en plus de difficulté à trouver un emploi à la journée, malgré la grande polyvalence que leur donne leur disponibilité et leur courage. En effet, la crise économique fait ravage dans cette région, comme dans le reste de la France. A cela s’ajoutent plusieurs années d’affilée de récoltes catastrophiques, qui font monter de façon considérable le prix du blé et donc, du pain. Mais sans travail, il n’y a pas d’argent et sans argent, il n’est pas possible d’acheter du pain. Bernadette, elle-même, travaille depuis son plus jeune âge. A la maison, elle seconde sa mère ou se substitue à elle, tant dans les tâches ménagères que dans la garde de ses jeunes frères. À l’extérieur, elle est employée de maison dans différentes familles. Très vite, pourtant, en raison de la crise économique qui lui fait perdre ses emplois, Bernadette et sa sœur vont devenir chiffonnières. Elles ramassent tout ce qu’elles peuvent trouver de ferraille, de papiers et de cartons, pour en tirer quelque argent, tout de suite converti en pain. Lorsqu’il n’y a plus rien à ramasser à Lourdes, poussées par la nécessité, Bernadette et sa sœur Toinette, sortent de la ville pour glaner des brindilles de bois mort et vendre des fagots constitués pour acheter du pain. Tout cela, Bernadette l’accomplit avec une santé fragile. Elle est sujette à l’asthme et marquée par les séquelles du choléra qui, à l’âge de douze ans, lui avait fait entrevoir la mort. En 1858, Bernadette a quatorze ans mais, n’ayant pratiquement jamais été à l’école, comme ses parents, elle ne sait ni lire ni écrire. Chez les Soubirous, personne ne parle le français. Leur langue, c’est le patois de Lourdes. Sa méconnaissance du français empêche Bernadette d’apprendre le catéchisme. Ignorant ainsi presque tout de la religion, malgré son grand désir, elle n’est pas autorisée à faire sa première communion. Sa religion à elle s’articule autour de la prière du chapelet et de la messe dominicale. C’est en français, une langue étrangère pour elle, que Bernadette connaît le Notre Père, le Je vous salue Marie, le Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit et l’invocation à « Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Cela lui permet de prier, seule ou en famille, et de se préparer à la messe dominicale.

    Le premier jour du reste de sa vie

    Le cachot

    Le 11 février 1858 est une journée aussi catastrophique que les précédentes. Il fait froid, il pleut ce jour-là, mais surtout, au Cachot, chez les Soubirous, c’est la misère. Ils n’ont plus d’argent, plus de nourriture. Les parents et leurs quatre enfants ont faim. Dans la matinée, Bernadette (14 ans), sa sœur Toinette (12 ans) et leur amie, Jeanne Abadie (13 ans), sortent de la ville en quête de bois à ramasser. Ainsi pourront-elles avoir au plus vite un peu d’argent pour acheter du pain. Arrivées face à la Grotte dite de Massabielle, Jeanne et Toinette se déchaussent pour franchir le petit canal (qui n’existe plus aujourd’hui) et entrer dans la cavité. Bernadette ne peut en faire autant, car sa mère lui a défendu de se mouiller les pieds, ce qui lui évitera une crise d’asthme. Après avoir jeté quelques cailloux essayant de se frayer un petit chemin et n’y arrivant pas, elle prend la résolution de se déchausser pour traverser par elle-même. Voici le récit de Bernadette : «Je commençai à me déchausser. J’entendis un bruit comme un coup de vent. Alors je tournai la tête du côté de la prairie, je vis : les arbres étaient calmes, alors je continuai de me déchausser. J’entendis le même bruit, je levai la tête en regardant la Grotte: je vis une Dame habillée de blanc, portant une robe blanche, un voile blanc, une ceinture bleue, un long chapelet à la main et une rose jaune sur chaque pied. Elle me fit signe de m’approcher, mais je fus saisie. Je croyais me tromper, je me frottai les yeux, je regardai encore et je vis toujours la même Dame. Alors je portai la main à la poche pour prendre mon chapelet. Je voulais faire le signe de croix, je ne pus pas, ma main tomba. Alors, la frayeur s’empara de moi. Ensuite, la Dame prit le chapelet qu’elle tenait entre ses mains et elle fit le signe de croix; alors je commençai à n’avoir plus peur. Je pris de nouveau mon chapelet, je pus faire le signe de croix; alors j’ai essayé une seconde fois de le faire et je pus. Aussitôt que j’eus fait le signe de la croix, le grand saisissement que j’éprouvais disparut; dès ce moment-là je fus parfaitement tranquille. Je me mis à genoux et je dis le chapelet, en présence de cette belle Dame. Après avoir dit le chapelet, elle me fit signe d’approcher, mais je n’ai pas osé. Alors, elle disparut. Je me mis à même de traverser le ruisseau pour aller rejoindre mes compagnes.»

    La Grotte

    Troisième apparition, les premiers mots de la Vierge Marie

    Le jeudi 18 février 1858, Bernadette se rend pour la troisième fois à la Grotte, ce qui est tout à fait inespéré pour elle. En effet, à la suite de la seconde apparition qui a eu lieu le dimanche 14 février, Bernadette en avait reçu l’interdiction formelle de ses parents, auxquels elle n’a jamais imaginé pouvoir désobéir. Cependant, un évènement inattendu dénoue la situation. Poussée par la curiosité, Mme Millet, chez qui la maman de Bernadette va laver du linge pour gagner un peu d’argent, exige des Soubirous d’aller à la Grotte avec l’enfant. C’est ainsi qu’accompagnée de Jeanne-Marie Millet et d’Antoinette Peyret, Bernadette va retrouver la Dame dès 5h30 du matin. Tout a été organisé dans les moindres détails. On arrive avec un cierge, mais aussi avec de l’encre et du papier, non sans avoir oublié d’apprendre à Bernadette une jolie phrase en patois pour qu’elle puisse interroger la Dame sur son identité. Car tel est bien le but de cette véritable expédition : savoir qui est la mystérieuse visiteuse. Aussitôt arrivées, Bernadette s’agenouille, fait le signe de croix avec un grand recueillement comme elle a appris à le faire, et commence la prière du chapelet. Peu après, elle dit : « Elle est là. »et continue sa prière comme si de rien n’était. A la fin de sa méditation, Bernadette se lève. Mme Millet et Mme Peyret comprennent que le moment est venu. Elles remettent donc Bernadette la feuille et la plume qu’elles viennent de tremper dans l’encrier. L’enfant sait ce qui lui reste à faire puisque tout a bien été répété. Bernadette tend alors ce matériel à la Dame en lui disant la parole apprise par cœur et dont il lui est quelque peu difficile de se souvenir : « Madame, auriez-vous la bonté de bien vouloir écrire votre nom? » En guise de réponse, et avec une grande douceur, la Dame sourit. Puis, d’un signe de la main, elle invite Bernadette à entrer dans la Grotte. Aussitôt entrée dans la cavité du Rocher, Bernadette voit que la Dame l’y a devancée et accueillie avec son doux sourire. Puis, avec une déconcertante simplicité, voici ce qu’elle dit à Bernadette : « Ce n’est pas nécessaire. » Après l’apparition, les deux femmes demandent à leur messagère si elles sont responsables de cet échec. L’enfant les rassure aussitôt en disant : « Non ! La Dame vous regardait vous aussi. »

    Apparition de la Vierge Marie

    Bernadette vient d’entendre pour la première fois la voix de la Dame lui confiant que ce qu’elle a à lui dire « Ce n’est pas nécessaire » de le mettre par écrit. Mais voici que l’entretien se prolonge et cette fois-ci, c’est la Dame qui prend l’initiative, demandant à Bernadette : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours? ». A la suite de la réponse de Bernadette, la Dame va plus loin, affirmant alors : « Je ne vous promets pas le bonheur de ce monde mais de l’autre ». Telles sont, en effet, les trois paroles successives que Marie prononcent au jour de la troisième apparition, lors du dialogue initial avec Bernadette.

    La source de la foi

    Après la troisième apparition et jusqu’à la huitième rencontre, il n’y a plus de parole. Bernadette entre alors plus avant dans l’expérience de la prière, du silence, de la contemplation. Marie, comme Bernadette, intériorise et approfondit leur dialogue initial. C’est en quelque sorte la phase au cours de laquelle elles se découvrent. Mais voici que, de façon inattendue, tout change entre la huitième et la onzième apparition. Bernadette accomplit des gestes choquants et incompréhensibles pour ceux qui se pressent à la Grotte, son visage marqué par la tristesse, la souffrance et la douleur. Quels sont ces gestes ? Elle se déplace à genoux et embrasse le sol. Elle mange de l’herbe. Elle se barbouille la figure avec de la boue et se montre ainsi à la foule. Ces gestes, Bernadette les accomplira de manière répétitive durant quatre apparitions consécutives. L’essentiel va se passer à un endroit très précis, au fond de la Grotte, légèrement sur la gauche. C’est là que Bernadette est agenouillée et que, le visage penché, de ses doigts, elle gratte le sol. Très vite, elle a accès à de la boue, dont elle se saisit et avec laquelle elle se barbouille le visage déjà marqué par la douleur. Tous sont profondément choqués. Bernadette continue son geste et, découvrant alors un peu d’eau boueuse, elle la boit, non sans l’avoir d’abord rejeté par trois fois. Autour d’elle, c’est la consternation. Cependant, Bernadette continue de gratter le sol. Et voici que, sous l’eau boueuse, apparaît un peu d’eau pure, claire, limpide. Que fait Bernadette ? Elle met alors en pratique la parole que la Dame ne cesse de lui répéter en lui disant : « Allez à la source, boire et vous y laver ». Pendant qu’elle accomplissait ces gestes, Bernadette s’entendait dire, comme dans une litanie : « Pénitence, pénitence, pénitence ! » mais aussi *« Priez Dieu pour les pécheurs ».

    “Une chapelle et que l’on y vienne en procession”

    Lors des sept premières apparitions, Bernadette est heureuse. Mystères Joyeux. Mais voici, que lors des quatre apparitions suivantes, de la 8ème à la 11ème apparition, Bernadette entre dans l’expérience de la souffrance alors qu’elle va mettre à jour la source. Mystères Douloureux. Lors des sept dernières apparitions, Bernadette expérimente un bonheur d’un autre ordre, qui la comble. Mystères Glorieux. C’est ainsi qu’au jour de la treizième apparition, Bernadette se présente à la Grotte, comme elle en a l’habitude, c’est-à-dire, vers 5h30 du matin. Aussitôt, elle s’agenouille, trace sur elle lentement, un ample signe de croix et commence à méditer le chapelet. Peu de temps après, son visage s’illumine et, bien qu’elle reste immobile, tous comprennent que la Dame est là. Plus tard, remettant son chapelet dans sa poche, Bernadette entre à l’intérieur de la Grotte et se rapproche du Rocher, vers la droite.

    La Dame vient donc de lui faire signe de s’approcher, Marie accueille Bernadette. Comme une mère et sa fille, elles vivent alors un moment de cœur à cœur. Puis, cette intimité rendant possible la rencontre, vient enfin le moment de la catéchèse, de l’enseignement et même de la mission. C’est ainsi qu’en ce mardi 2 mars 1858, la Dame confie à Bernadette : « Allez dire aux prêtres, que l’on bâtisse ici une chapelle et que l’on y vienne en procession ». Après l’apparition, Bernadette suit le même itinéraire mais ne va pas directement au Cachot retrouver ses parents. En effet, accompagnée par deux de ses tantes, Bernadette se rend au presbytère de Lourdes, chez Monsieur le Curé. C’est pour elle un moment difficile. D’abord, parce que c’est la première fois qu’elle rencontre cet homme à la stature impressionnante. Mais aussi, parce que l’accueil que le prêtre réserve à tante Bernarde, à tante Basile et à Bernadette, n’est guère chaleureux. Impressionnée, Bernadette en perd d’ailleurs un peu ses moyens. Au point qu’en sortant de chez l’Abbé Peyramale, elle prend conscience d’avoir oublié une partie de la demande. Pour pouvoir retourner chez le Curé, Bernadette ne demande pas à ses tantes de l’accompagner mais elle va chez la sacristine de la paroisse, Dominiquette Cazenave, afin qu’elle lui ménage un rendez-vous avec le prêtre. Dans l’après-midi, Bernadette rencontre donc l’Abbé Peyramale pour la seconde fois et lui transmet toute la demande dont la Dame l’a chargée. En sortant du presbytère, radieuse, Bernadette confiera à Dominiquette : « Je suis bien heureuse, j’ai fait ma commission ».

    Seizième apparition : « Je suis l’Immaculée Conception»

    Il y a vingt-et-un jours que Bernadette n’a pas rencontré la Dame. Mais voici, qu’au milieu de la nuit, en ce 25 mars 1858, Bernadette se réveille et s’écrie : « Il faut que j’aille à la Grotte ». Avant qu’il ne soit 5h, accompagnée de la plus jeune de ses tantes, Lucile Castérot, Bernadette est au lieu du rendez-vous. Aussitôt la première dizaine du chapelet, la Dame la rejoint, et à la fin de la prière, elle lui fait signe d’entrer dans la Grotte. Bernadette ose lui demander : « Voulez-vous avoir la bonté de me dire votre nom? » Après lui avoir posé par trois fois cette question, c’est à la quatrième demande de Bernadette que la Dame « passe son chapelet au bras droit, écarte ses mains jointes, les étendant vers la terre puis, d’un même mouvement, joint ses mains à la hauteur de la poitrine, lève les yeux au ciel et dit :« Qué soy era Immaculada Counceptiou ». C’est un grand bonheur pour Bernadette de connaître le nom de la Dame. Elle pense surtout que cela va faire plaisir à Monsieur le Curé. En effet, à la suite de la demande de la construction de la chapelle, et tout de suite conscient des frais que cela pouvait générer, le prêtre avait exigé de connaître l’identité de celle qui rendait ainsi visite à Bernadette Soubirous. Bernadette arrive au presbytère, entre sans frapper, et crie aussitôt à Monsieur le Curé qui se tient devant elle : « Qué soy era Immaculada Counceptiou ! » Devant l’étonnement de l’Abbé Peyramale, Bernadette reprend : « La Dame m’a dit « Qué soy era Immaculada Counceptiou ! » « Une Dame ne peut pas s’appeler » comme cela réplique aussitôt Monsieur le Curé et il ajoute : « Tu te trompes, tu ne sais pas ce que cela veut dire ». Bernadette ne répond pas mais le Curé renchérit : « Comment peux-tu dire des choses que tu ne comprends pas! » « J’ai répété tout au long du chemin », lâche alors Bernadette. C’en est trop. Monsieur le Curé ne peut plus se contenir. Il est prêt à pleurer. Il y a, en effet, une telle innocence et une si grande grâce dans les paroles de Bernadette qu’il en est bouleversé au point de devoir retenir des sanglots. Alors il congédie la fillette sans ménagements : « Rentre chez toi, je te verrai un autre jour ! » Bernadette quitte le presbytère et se rend chez son confesseur, l’Abbé Bernard-Marie Pomian. C’est à lui que, deux jours après le 11 février, elle avait raconté sa première rencontre avec la Dame. Maintenant, elle est en mesure de lui transmettre son nom. Le fait de ne pas comprendre le sens de ces paroles n’inquiète guère Bernadette. En effet, ce n’est pas le nom de la Dame qui l’intéresse, c’est surtout d’être avec elle.

    Une vie de sainteté

    Jusqu’en juin 1860, Bernadette vit dans sa famille. Les Soubirous ont quitté le cachot vers septembre 1858 pour vivre dans une pièce plus grande de la maison Deluc. Peu après, début 1859, l’abbé Peyramale s’étant porté caution, François Soubirous peut louer le moulin Gras et reprendre son métier de meunier. Durant cette période, Bernadette travaille comme garde d’enfants, elle tente de combler son retard scolaire avec l’aide d’Augustine Tardhivail qui l’enseigne bénévolement, et elle joue son rôle d’aînée à la maison dans les tâches ménagères et vis-à-vis de ses frères et de sa sœur. Enfin, elle répond aux innombrables questions sur les apparitions, rencontrant des visiteurs même lorsqu’elle est malade et alitée.Bernadette a seize ans lorsqu’elle entre à l’hospice. Bien que son retard scolaire soit important, elle fait des progrès rapides en lecture et en écriture, apprenant ainsi le français. Elle est douée pour la couture et la broderie.Le 4 avril 1864, jour de l’inauguration de la statue, est celui auquel Bernadette a annoncé à la mère Alexandrine Roques, supérieure de l’hospice de Lourdes, qu’elle voulait devenir religieuse chez les Sœurs de la Charité de Nevers. Cette décision de Bernadette a été longuement mûrie.Le 4 juillet 1866, Bernadette quitte les Pyrénées, qu’elle ne reverra jamais. Elle arrive le 7 à la maison mère, le couvent Saint-Gildard de Nevers.Le 15 août, Bernadette semble fatiguée, elle entre comme aide-infirmière à l’infirmerie, puis son asthme s’aggrave et elle doit s’aliter à partir du 15 septembre. Au mois d’octobre sa santé se dégrade encore. La mère Vauzous vient la voir tous les jours, elle mobilise les prières du Noviciat pour Bernadette et quantité de cierges brûlent à son intention devant la statue de la Vierge. Le 25 octobre, Bernadette est déclarée mourante par le médecin. Mais le 2 février 1867, Bernadette quitte l’infirmerie pour revenir parmi les novices.Le 30 octobre 1867, Bernadette a fait sa profession religieuse.D’octobre 1867 à juin 1873, elle est aide-infirmière, puis responsable de l’infirmerie avant de redevenir aide-infirmière.À partir de 1875, elle est constamment malade. Elle est atteinte de tuberculose et souffre de son asthme chronique. Elle prononce ses vœux perpétuels le 22 septembre 1878. Après avoir fait ôter toutes les images pieuses de sa chambre pour ne conserver qu’un crucifix, elle meurt à l’infirmerie Sainte-Croix le 16 avril 1879, à 15 h 30, à l’âge de 35 ans.Trente après sa mort, afin de procéder à sa béatification son corps a été exhumé. Ce dernier, retrouvé intact, laissera les médecins perplexes. Quelques années plus tard, le pape Pie XI déclare Bernadette « bienheureuse » : elle est béatifiée.Plus tard encore, ce même pape canonisera Bernadette, la proclamant Sainte. Aujourd’hui, Bernadette Soubirous repose dans une châsse à Nevers dans une petite chapelle que vous pouvez visiter.

    19/04/2020 / par / dans
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